Île de Jeju, vivre avec la mer

Située au sud de la Corée, l’île volcanique de Jeju est réputée pour la diversité de ses paysages, classés par l’UNESCO, et pour sa culture unique. Symbole de cette identité, les haenyeo, plongeuses en apnée, perpétuent une tradition fondée sur la solidarité, la transmission et le respect de la mer. À travers une pluralité de regards artistiques, l’exposition propose une relecture sensible et engagée de cette culture maritime. Par ses portraits, le photographe Kim Hyung-sun saisit la force intérieure de ces plongeuses emblématiques. L’œuvre de Joung Sang Gi met en lumière la vitalité écologique et la symbolique profonde de Jeju à travers ses sources d’eau douce, ses arbres au caractère si particulier tel que le gui. Enfin, l’artiste vidéaste Jean-Julien Pous esquisse un dialogue poétique entre les plongeuses de Jeju et les éleveuses de chèvres des Pyrénées, rapprochant deux traditions fondées sur la résistance et l’harmonie avec la nature.

Kim Hyung-Sun : Haenyo, femmes plongeuses

Des visages burinés, tachetés, sur lesquels se lisent l’effort et la rudesse d’un travail physique régulier. Ces visages appartiennent à des femmes, des plongeuses en apnée. Les haenyeo incarnent une culture maritime unique au monde. Leur mode de vie repose sur un esprit communautaire, une pêche durable et respectueuse de la nature ainsi qu’une transmission intergénérationnelle de leurs savoir-faire. Autant de valeurs qui ont conduit à leur inscription en 2016 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Perpétuant une tradition ancestrale, ces femmes, grand-mères pour la plupart, agées de 40 à 80 ans, plongent jusqu’à vingt mètres de profondeur, sans bouteille d’oxygène, pour récolter des algues, des coquillages et divers fruits de mer. C’est après la fin d’une plongée que le photographe coréen capture en images ces femmes dans un studio construit à partir de draps, à même le rivage.
« Je les montre telles qu’elles, fatiguées et à bout de souffle. Mais en même temps, elles incarnent une endurance mentale et physique incroyable car leur travail est dangereux. Chaque jour, elle frôlent la fine limite entre la vie et la mort ». L’exposition retrace leur histoire, témoignant de leur mode de vie unique, de leur lien profond avec la mer et de la richesse naturelle de l’île.


Joung Sang Gi : Le gui rouge et Source résurgente

Pour Joung Sang Gi, la vie et le commencement de l’existence trouvent leur origine dans l’ascension de l’eau souterraine. « L’eau est symbole de puissance vitale, d’abondance, de productivité, de miséricorde et d’éternité. Protéger la dignité de l’eau et préserver sa valeur revient à protéger nos propres vies. ». Le photographe met notamment en avant la rencontre symbolique du gui rouge du Mont Halla et de cette eau, avec laquelle la plante a grandi, avec une série de photographies prises à la source de Yongcheon, surnommée « eau vivante » ou « eau vitale » de Jeju. À travers l’utilisation de prises de vue par drone, l’artiste a aussi enregistré un paysage exceptionnel qui dépeint l’entrelacement des vagues, qui se retirent puis reviennent inlassablement au rythme des marées. Avec sa seconde série Le gui rouge, Joung Sang Gi célèbre l’arbre emblématique du mont Hallasan, qu’il découvre un jour d’hiver, à plus de 1100 mètres d’altitude, attiré par les baies rouges tournoyant comme un nid d’oiseau au sommet des branches tordues. Pour l’artiste, le contraste entre le noir de l’arbre et le rouge du gui représente la vie passionnée des habitants de Jeju, cultivant leurs terres dans des champs de pierres volcaniques noires, élevant leurs enfants dans un environnement aride et glacial.


Jean-Julien Pous : Résonances

Le documentaire vidéo explore avec poésie les parallèles et contrastes de deux mondes culturels, celui des haenyeo de Jeju et celui des artisans fermiers des Pyrénées. À travers le portrait de deux femmes – l’une plongeant dans les profondeurs marines, l’autre élevant des chèvres en montagne – l’œuvre met en lumière la rencontre de deux traditions ancrées dans des environnements naturels radicalement différents. L’artiste transmet ainsi les échos invisibles qui relient ces deux mondes, portant un message universel de résonance culturelle.

Infos

Du 12 novembre 2025 au 10 janvier 2026
Thonon . Théâtre M. Novarina

Vernissage le 25 novembre à 18h30

Galerie de L’Étrave
Sous-sol du Théâtre M. Novarina

Entrée libre
Ouverture de la galerie :

du mardi au samedi de 13h30 à 18h30, et les soirs de spectacle jusqu’au début de la représentation.
Fermé le dimanche et le lundi, et jours fériés et pendant les vacances du mercredi 24 décembre au lundi 5 janvier inclus. Réouverture le mardi 6 janvier 2026.

Avec le soutien du Centre Culturel Coréen

Organisation :
Il-Yul Lee, Directeur du Centre Culturel Coréen de Paris.
Commissariat général : Haeyoung(Yoomine) Kim, Responsable générale des projets culturels et commissaire d’expositions ; Boram Jung, Assistante commissaire ; Jihyun Song, Assistante des projets culturels

Du 8 novembre 2025 au 10 janvier 2026<br> Thonon . Théâtre M. Novarina<br> Galerie de l'Etrave Île de Jeju, vivre avec la mer